2. L’étoffe des rêves

“ Dans 100 ans ici, tu continueras à marcher dans un jardin. ”

Ça commence toujours par un rêve. Celui de la transformation ou celui qui nous transforme. Le rêve comme un objectif de vie, le rêve comme une prémonition.
Et en arrière-plan, le jardin qui devient le lieu de projection du rêve.

« Mo envi fer enn laferm pou mwa, apre system pedagozik servi dimoun. Fer enn laferm pilot. Fer enn food forest, fer li marse d’abord »
— Isseyen

Le quotidien, devient ce rêve réel où la frontière entre soi et l’espace environnant est flouté. Un réel qui procède de la participation mystique et fait place à l’imagination. Un entre-deux qui devient le terreau d’un potentiel de création, un espace en tension dans lequel émergent de nouvelles narrations. Des épopées modestes, à taille humaine et au plus proche de soi.

“ Avant, je croyais qu’une boîte de thon contenait un thon entier ! ”

Dans cet espace, cohabitent l’ancien et le nouveau, une certaine forme de nostalgie, même pour les plus jeunes, quelque chose de familier. Un rêve commun, dont certaines expressions se retrouvent en écho d’un espace à l’autre.

Le rêve de vivre au milieu d’un environnement naturel, de créer un monde à soi. 
“Pas artificiel”, naturel. “pas superficiel”, authentique.
Ce n’est pas un décor, c’est une relation.

“ Le Pouce was my playground ”

Cette nostalgie qui oublie parfois l’Histoire, celle de notre pays. Celle où les repères géographiques, comme nos montagnes immuables, visibles, dominent nos repères temporels en faveur d’une vision plus romantique.


Retrouver l’Eden, le paradis perdu en nous ?
“ Revenir à la source ”, revenir à l’essence,
“ revenir aux éléments, la terre, l’eau, le vent, le feu qui transforment ”.

Insaisissable et foncièrement concret.

Un rêve, puis un déclic.

“J’ai entendu Pierre Rabhi à la télé”.

” J’ai commencé dans mon garage, j’avais construit les cages. Pendant 1 année sabbatique où j’ai vendu mon entreprise. J’ai appris l’ébénisterie.”

Un appel, un embryon d’action.
On commence petit, sans savoir.
Une entrée en territoire inconnu, où on fait les choses de façon inconsciente.

Un territoire sans carte.

On est sur la montagne des Signaux avec Pascal. Devant nous, la ligne brisée de la silhouette de la chaîne de Moka. C'est beau. En contrebas, les phares minuscules des véhicules commencent à s’aligner :

“D’ici tu peux voir combien de gens vivent et surtout combien survivent. C’est le rat race qui se déroule sous nos yeux. Moi aussi j’ai été dedans.”

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